Édito du Monde : Une réussite française

Le
train change la vie. Il change la géographie. Il change la France, et
l’ouvre à l’Europe. Le TGV Est vient heureusement compléter la
modernisation engagée il y a trente ans du réseau ferré national vers
Lyon et le Sud, puis le Nord, puis l’Ouest et le Sud-Ouest. La
Champagne, la Lorraine et l’Alsace vont à leur tour profiter des
voyages à 320 km/h.

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Le TGV est une
réussite française. Construction centralisatrice, elle rapproche la
province de Paris. Construction en étoile à partir de la capitale.
Construction issue des "grands programmes" des années 1970, elle a
mobilisé une grande entreprise nationalisée, la SNCF, et des géants
privés comme Alstom. A l’heure où le modèle français est en échec sur
de nombreux sujets, à commencer par le chômage, les Français peuvent
parler avec fierté de leur TGV. Il les fait d’ailleurs rêver :
Strasbourg à 2 h 20 de Paris, Marseille à 3 heures… La grande vitesse
est un grand luxe à la portée de tous. Elle restructure au passage les
lieux de vie et de travail, contribuant à revivifier des régions en
difficulté. Pour l’Est, souffrant des crises de la vieille industrie,
cette arrivée est bienvenue.

Comme celui qui conduit vers la
Belgique et celui qui, passant sous la Manche, attache la
Grande-Bretagne au continent, le TGV Est rapproche la France de son
grand ami allemand. Francfort est à 3 h 50 et, au-delà, Stuttgart et
Munich. Connexion est faite avec l’ICE, le train à grande vitesse
germanique, et d’ailleurs les deux types de machine cohabiteront, en
saine concurrence comme le veut le modèle européen. Le train est un
outil efficace de cette Europe des citoyens, de cette "Europe par la
preuve" qu’il est si urgent de promouvoir aujourd’hui.

Le TGV est aussi, en ces temps chauds, un formidable économiseur de CO2.
Il émet cinquante fois moins de gaz à effet de serre qu’une voiture et
soixante-dix fois moins que l’avion, sur un voyage Paris-Strasbourg.

Tous
ces avantages ne doivent pas faire croire au miracle. Le train à grande
vitesse ne suffit pas à lui seul à redonner un avenir à des bassins
d’emploi malades. Le TGV, outil moderne, peut accentuer au contraire
les inégalités géographiques et économiques.

On l’observe
simplement sur les tarifs, nettement augmentés. La vitesse se paie,
plaide la SNCF, qui ajoute avoir mis en place toute une panoplie de
types de billets pour que chacun puisse, sous conditions, profiter de
ce train. Mais il n’empêche qu’en moyenne le tarif va grimper de 25 %.

Une
autre fracture est ouverte par les nouveaux rails : celle entre le TGV
et tous les autres trains régionaux et périurbains. La SNCF a deux
vitesses, la France ferroviaire aussi, trop souvent encore malgré les
efforts consentis ces dernières années.

Article paru dans l’édition du 10.06.07.
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