Je ne prenais pas le train ce soir mais j’ai demandé à Xav Zebaker de témoigner du trajet d’un voyageur qui devait prendre le 18h50.
C’est l’histoire de passagers de la SNCF qui, pour des raisons professionnelles, pour la plupart, mais pas uniquement, doivent prendre le train chaque jour.
Chaque jour, ils doivent affronter les retards répétitifs de la SNCF. Des retards de 5 à 10 minutes, qui sont désormais perçus comme normaux.
La compagnie s’excuse à peine. Et les passagers sont presque ravis qu’il n’y aie que ces quelques minutes de retard.
Il y a des retards un peu plus longs, parfois. Trop souvent. Les employés de la compagnie sont parfois informés de la raison. Parfois pas. Ils nous présentent chaque jour des excuses au nom de la SNCF, et nous remercient de notre compréhension. Souvent, ce n’est pas la faute de la compagnie. Juste du “pas-de-bol”. A vérifier.
Mais là, en cette période de fin d’année, la SNCF nous a réservé un programme plein de festivités.
Mercredi 9 décembre : 2h de retard sur le train de 18h50 (excuse : en attente d’un contrôleur)
Jeudi 10 décembre : train de 18h50 retardé. Passagers pour Rouen, transféré dans le 18h53. Arrivé avec 1h de retard (excuse : mise à quai tardive du matériel).
3h de retard en 2 trajets, auxquelles il convient d’ajouter les 10mn perdues, ici et là.
Aujourd’hui, lundi 14 décembre, le 18h50 pour Rouen est annulé (pas d’excuse). Les passagers ont été orientés vers le 18h53, parti avec 10 minutes de retard. 10 minutes aurait été une merveille si le train n’avait pas mis 1h30 pour atteindre les Mureaux.
Alors certes, la raison semble valable cette fois, puisqu’il s’agirait d’un acte de malveillance dans le train précédent. Sauf que voilà, l’excuse à changer en cours de route. Il ne s’agit plus d’un acte de malveillance, mais d’une avarie matérielle. Excuse fausse ou incomplète, nous ne le saurons pas.
Au final, pour ce soir, le retard est de 2h.
Mais voilà, ce cumul de retard (sur cette période, mais aussi à l’année), n’est pas dédommagé. Quand bien même un dédommagement interviendrait, il ne comblerait pas les coûts annexes :
le taxi en gare de Rouen, parce qu’arriver à plus de 22h rend l’usage du métro difficile (peu ou pas de trafic à ces heures)
la babysitter de vos enfants qui devait rester jusqu’à 20h15 et que vous devez payer en fonction du retard cumulé.
Cela ne concerne que la parti financière. Mais cela n’inclut évidemment pas ce temps qui nous est volé, et qui est volé à nos proches.
Je ne prends pas le train depuis suffisamment longtemps pour identifier l’origine du problème. J’entends parler de vétusté des lignes et du matériel. Je n’incriminerai donc pas le personnel de terrain dans tout cela, qui doit faire faire à la grogne des usagers et vivre des journées à rallonge.
Cependant, nous, les usagers, sommes les grands perdants de ce train train quotidien décadent. Des billets/abonnements payés, des frais annexes engagés et surtout du temps que jamais nous ne retrouverons. Devons-nous appliquer un tarif horaire sur ce temps qui nous est volé ?
Que faire ? Avons-nous une alternative ? L’ouverture à la concurrence, un jour, aura-t-elle un effet positif ? Quand ?
Et que font la direction de la SNCF et les pouvoirs publics ?
Je vous demande messieurs, Président de Région, et Président de la SNCF, d’arrêter de vous excuser et de nous remercier de notre compréhension ! Parce qu’à ce stade, excusez moi l’expression, on n’en à rien à faire de vos excuses et de votre compréhension. Nous voulons des actes ! Du concret ! Des résultats ! Et un vrai service de transport de passagers digne de ce nom !
A bon entendeur !